Cécile Thomas explore les images télévisuelles.
Par un détournement de médium, elle réalise des tapisseries issues des images capturées sur l’écran de la télé.
Son travail arrête le flux continu d’images déversé sur nos écrans, fige des images éphémères.
La vision de nuit crée toujours des images irrelles. Dématérialise la guerre, à croire que la télé préfère ne nous passer que ces images là. Et pourtant ces soldats dans cette lueur, avec cette échelle, me ferait presque oublier leur “travail”.
Des webcams deviennent de caméras, des bureaux ou des entrées deviennent des studios. Il en résulte une image pleine, de portraits, de titres, d’informations parasitaires, de logos, d’heures… l’oeil ne peux plus s’ennuyer.
A gauche un homme ne regarde pas et a des couleurs de visage bleu/rose. Au centre un homme s’extrait du cadre. A droite un visage les yeux fermés, un saint ?
La projection en guise de décor permet des collages, ici trois plans : la femmme projetée, l’homme, et le titre “que faire des criminels fou”. Les deux visages sont écrasés sur l’écran de télé. La couleur des deux visages est identique, ils pourraient presque se confondre.
Le fond noir permet de reveler la réalité de l’écran qui irradie sur le costume de l’homme.
Une image, comme il y en a tant dans les journaux télé, on veut monter, mais on ne le souhaite pas.
Alors pourquoi cette pixellisation ?
Cette femme a visiblement accepté cette médiatisation, elle est dans la rue, des personnes autour qui la protège, main à droite, les micros sont nombreux. Par sécurité pour cette femme ? Pour renforcer l’info ? Pour rendre cette image plus importante au yeux des spectateurs du journal télé ?
Une image muette anonyme comme il y a en a souvent dans les reportages. Des images, floues, filmées à travers des sacs, cadre sans têtes, pixellisées… le son n’étant généralement pas bon il est souvent utile de sous-titrer.
Cette image d’Envoyé Spécial consacrée aux expulsions, contient un sous-titrage un peu en décalage vis à vis de l’image, une optique déformée lié a la caméra sans doute cachée, des corps difformes grace au floutage des visages.