Textes

Vidéosurveillance Nantes

Réalisation d’un mur de « contrôle » de 30 pièces

Le temps, est au centre de mon travail, après les images de télévision, les webcams personnelles, je continue mon travail a travers les images éphémères avec les images générée par les caméras de surveillance de la ville de Nantes via le site d‘infocirculation.fr

Avoir accès à ces images, c’est figer l’instant, une voiture, un piéton, une affiche lumineuse… c’est regarder ses images en tant qu’image de la ville.

Les images de nuits ont un mystère. Les images sont plus altérées par la lumière. Les quartiers sont méconnaissables. Les éclairage des voitures se confondent avec les lampadaires. La pluie cache le paysage. Les éclairages deviennent des traces lumineuses.

Je prélève la ville à partir de ces images non voulues, ces vidéos n’étant là que dans un but utilitaire. Les images que je sélectionne ne surveillent plus rien. Je fait des photos d’écrans, et le passage à la tapisserie permet d’ennoblir ces images qui n’ont pas vocation d’être regardées. Regarder autrement, y voir un témoignage du temps.

Réalisations

Zapping Tapisserie

La télévision omniprésente dans la vie actuelle reste une activité passive. La regarder avec un peu de recul, photographier l’écran, capturer une image appartenant en propre à l’univers télévisuel : les logos, les transparences, les transitions, les collages… c’est regarder différemment des images triviales.
Il serait présomptueux de prétendre qu’une telle expérience puisse changer véritablement notre façon de consommer la «télé», mais essayer de modifier ne serait ce que le regard que l’on porte sur le médium c’est déjà reconquérir notre part de cerveau disponible.Changer cette image de médium, c’est l’ennoblir, obliger le spectateur à la considérer comme une image en propre déconnectée de sa fonction initiale. Utiliser une technique ancestrale, la rattacher à l’histoire de l’image.

Une stase de l’image vidéo, retraduite dans un langage ancien. Une sorte de ready-made, une image déjà faite, ennoblie par la tapisserie, luxueuse disproportion entre la technique numérique et la qualité du matériau. Passer de l’écran à la matière.

Une méthode

Le choix de l’image se fait par la relecture au ralenti des images captées à même l’écran. Une relecture suivant des critères définis : juxtaposition, transparences, transitions, couleurs, le sens premier n’existe plus.

L’image est extraite de son contexte. Les tons sont réduits par le système de la compression GIF. L’image devient un code, la réalisation est indifférente, les couleurs ne sont que des numéros dans un nuancier.

Se tenir à un travail lent et laborieux, c’est être en opposition avec le flux ininterrompu des images télévisuelles. Se crée une mise à distance de l’image.

Et l’image éphémère d’un 25ème de seconde se transforme à l’issue d’un travail fastidieux, en un tissu chatoyant, une sorte de drapeau.